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mercredi 11 août 2010

Remix auto-tuné de vidéos. J'en veux encore plus!

Si vous voulez me rendre heureux ces temps-ci, prenez quelque chose de bizarre et faites en une tounne avec beaucoup d'auto-tune dedans.

Prenez un reportage niaiseux de la télé américaine et faites en une toune merveilleuse!



Ou alors, prenez un vidéo cool d'un gars totalement É-MER-VEIL-LÉ et sous le choc parce qu'il voit un double arc-en-ciel... et faites en une toune hot! (Sérieux, ça fait 2 semaines que j'ai ça de coincé dans la tête)


J'adore ce que la gang de Auto-Tune the News font. Normalement je vous re-ferais mon discours sur le recyclage artistique et l'art du remix, mais là je dois aller me coucher. Lisez mes vieux billets sur le sujet si ça vous intéresse.

jeudi 27 mai 2010

René Lévesque passé à l'autotune

Je parle souvent ici du recyclage comme forme d'art, c'est-à-dire de prendre quelque chose d'existant et de le transformer pour lui ajouter une valeur artistique. De faire du neuf avec du vieux. Ici, on a un discours de René Lévesque transformé en chanson. Et ça marche super bien en plus!



Ce vidéo ressemble évidemment à des millions de vidéo niaiseux sur youtube. Pourquoi alors est-ce que j'en fais tout un plat avec mes histoires d'art et de recyclage? Ce que je trouvais intéressant de celui-ci, c'est qu'il m'a fait découvrir un fragment de l'histoire. Je n'aurais probablement jamais cliqué pour voir un vidéo intitulé «Discours de René Lévesque». Par contre, un discours passé à l'autotune, ça c'est drôle! J'ai cliqué, j'ai regardé.

Ma génération est plutôt inculte quand on y pense. Je ne pense pas avoir jamais vu un discours de René Lévesque de toute ma vie. Je n'aurais probablement même pas été capable de le reconnaître en photo. Mais là, après avoir vu ce vidéo, c'est sûr que je vais m'en rappeler.

C'est ça la force du recyclage artistique. Ce vidéo là réussi à transformer un discours important d'un grand politicien en quelque chose d'encore plus grand, un hymne qu'on pourrait chanter, une mélodie qui va peut-être nous rester dans la tête toute la journée.

mercredi 28 avril 2010

10 ans de recyclage du même jeu

L'autre jour, je vous parlais de Heavy Rain et du fait que ça serait une bonne idée de réutiliser le moteur du jeu pour raconter d'autres histoires. En fait, j'ai écrit ça suite à la lecture d'un billet de blogue que je venais de lire.

Jeff Vogel est un gars qui a, à lui seul, réussi à faire un peu plus d'un jeu par année. Et pas juste des petits jeux. Des vrais RPG complets qui prennent plusieurs heures à finir. Son secret pour être aussi rapide? En dix ans, il n'a presque pas touché à son moteur de jeu. Il a aussi réutilisé beaucoup de graphiques d'un jeu à l'autre. Ce qui changeait surtout, c'était l'histoire. Du point de vue de bien des gens, il est un tapon qui a revendu plusieurs fois le même jeu. Du point de vue de ses joueurs et des gens brillants de ce monde, il est un génie.

If you asked me why I used that same old clunky game engine and why I am still using it, I would give this answer: Because I am really smart and cool and awesome. And if more people emulated me, the game industry would not be near so messed up.
Now, mind you, I don't write the same game again and again. That's like saying an author who wrote ten books wrote the same book each time because they are published using the same paper and ink. Did I write a whole-new story? Then it's a whole new game.
Jeff Vogel, How I Saved the Gaming Industry Overnight By Being Awesome

Dans son article, il explique que l'industrie des jeux vidéo est complètement folle. Les gros studios dépensent des fortunes pour faire un nouveau moteur de jeux à chaque nouveau jeu qu'ils font. C'est une incroyablement grosse dépense et c'est à peu près impossible à rentabiliser parce qu'ils ne s'en resservent pas par la suite. Selon lui, s'ils réutilisaient un peu plus leur moteur et leurs graphiques, ils pourraient faire plus de jeux rapidement et donc les vendre moins cher, un peu comme les films. Et ça, c'est exactement ce que je disais à propos de Heavy Rain. Une fois que le moteur de jeu est fait, il reste juste à créer plein d'histoires différentes avec. Les cinéastes ne réinventent pas leurs caméras à chaque film. Pourquoi les jeux devraient faire ça?!

Par contre, il y a certains points avec lesquels je ne suis pas d'accord avec lui. D'abord, je ne pense pas que les studios de jeux soient aussi cons qu'il le dit. Je veux dire, il y a beaucoup de studios qui réutilisent leurs moteurs de jeux. Je viens de jouer récemment à Half-Life 2, Half-Life épisode 1 et 2 et Portal. Une chose est sûre : Valve est vraiment bon pour réutiliser ses affaires. En fait, la plupart des studios qui font du contenu épisodique (des jeux plus courts, avec le même moteur, mais des histoires différentes) comme Tell Tales sont très bons pour récupérer leurs programmes. Aussi, la plupart des jeux aujourd'hui sont des suites. Call of Duty 4-5-6, Bioshock 2, Halo 5... Je ne suis pas sûr, mais j'ai l'impression que ces suites réutilisent une bonne partie du moteur et des environnements graphiques de leurs prédécesseurs.

Ensuite, il y a un dernier point qui me chicote. Je ne suis pas sûr si je suis d'accord ou pas... C'est que, voyez-vous, les jeux, ce n'est pas seulement une histoire et des graphiques. C'est d'abord et avant tout des règles. Je me souviens d'avoir lu des livres théoriques sur les jeux vidéos et c'est toujours ça qui ressort. Les jeux, c'est un ensemble de règles qui dictent le comportement des objets et de l'avatar. Et le moteur de jeu... c'est ça qui dicte les règles. Ainsi donc, pour faire un «nouveau jeu», il ne suffirait pas que de faire une nouvelle histoire et réutiliser le moteur de jeu. Il faudrait peut-être aussi faire des nouvelles règles.

Sur ce point, je trouve intéressant ce que Bioshock 2 fait. Il reprend l'univers du jeu précédent, mais le joueur n'incarne plus le même personnage. Il incarne en fait un des méchants du jeu précédent, les «Big-Daddy». Ça amène donc évidemment de nouvelles règles, mais les environnements sont semblables.

Ainsi donc, je vous suggère de lire l'article de Jeff Vogel que j'ai cité plus haut, mais je vous recommande quand même de le prendre avec un grain de sel. Il a raison sur bien des points, mais comme pour n'importe quoi, il faut parfois nuancer selon la situation.

jeudi 22 avril 2010

Réutiliser Heavy Rain? Mais quelle bonne idée!

J'ai entendu dire que le moteur graphique du jeu Heavy Rain allait être licencié pour permettre à d'autre gens d'écrire d'autres histoires. Je sais pas si c'est vrai, mais c'est une foutue de bonne idée! La force de Heavy Rain, ce n'était pas vraiment son moteur de jeu (qui a quelques petits bugs fatiguants); c'était son histoire.

(Petite parenthèse pour ceux qui ne connaissent pas Heavy Rain. Il s'agit d'un jeu pour PS3 où l'histoire occupe la principale partie. Le jeu est construit de façon à ce que les choix du joueur influencent l'histoire. Certains choix changent peu de chose, mais d'autres influencent de façon majeure le déroulement du jeu. À part ça, le joueur n'a pas grand chose à faire. Il parle aux gens et contrôle les conversations. Parfois, il y a des quick time events pour les séquences avec plus d'actions. En général, le jeu reste très cinématographique à tout moment dans sa façon de bouger la caméra. David Cage, le réalisateur du jeu, voulait faire un jeu qui soit très cinématographique et où le joueur s'attache vraiment aux personnages, tout en ayant la possibilité de contrôler l'histoire. [Plus d'infos] Fin de la petite parenthèse.)

Mais une histoire ne plait pas nécessairement à tout le monde. L'histoire de Heavy Rain ressemble beaucoup à celle de Indigo Prophecy, le jeu précédent du studio Quantum Dream. Ça commence comme un thiller policier, y'a des meurtres, y'a un gars qui se fait faussement accuser, mais tranquillement, ça vire en paranormal. On voit des médiums, des prophéties, des gens qui se font hypnotiser, des fantômes et même des extra-terrestres! Je ne m'attendait pas à ça. Quand j'ai joué à Indigo Phophecy, je m'attendais à un thiller, pas à un épisode de X-File. Je suis resté un peu surpris. J'aurais probablement préféré une histoire plus réaliste, sans paranormal.

L'histoire de Indigo Prophecy est un thriller fantastique. Ce genre d'histoire ne plaît pas toujours à tout le monde. Il y a des gens qui préfèrent les histoires de chevaliers et d'elfes. Il y a des gens qui préfèrent la science fiction. Imaginez qu'on donnait le moteur graphique de Heavy Rain à d'autres studios pour produire des histoires de moyen-âge ou de science-fiction. Imaginez qu'on le donne à Kojima (série Metal Gear Solid). Imaginez qu'on le donne à Tim Schafer (Psychonauts, Grim Fandango, Monkey Island). Imaginez qu'on le donne à Shigesato Itoi (Earthbound, Mother 3). Ces gens là font des jeux vraiment cools où l'histoire a une partie importante. S'ils pouvaient se concentrer plus sur l'histoire et moins sur le moteur, ça leur ferait économiser du temps et ils pourraient sans doute produire quelque chose d'intéressant. Les réalisateurs de films ne réinventent pas leur caméra à chaque films. Pourquoi les réalisateurs de jeux devraient faire ça?

Parlant de réalisateurs de film, on pourrait leur donner le moteur de Heavy Rain à eux aussi. Vous imaginez un jeu qui serait réalisé par les frères Coen? Par Tim Burton? Par James Cameron, David Lynch ou Kubrick ou Tarantino? Ça serait une drôlement bonne idée je trouve. (Évidemment, ces réalisateurs ne feront probablement jamais ça, convaincus comme ils sont que les jeux vidéos sont un sous-médium qui ne méritent pas qu'ils détournent leur attention de leur cinéma chéri. Mais ça c'est une autre histoire).

Une autre idée géniale: on pourrait aller chercher les scénaristes de télé-séries et de télé-romans. Ces gens-là sont habitués de constamment revoir leurs personnages et leur histoire de façon à conserver l'intérêt des spectateurs après des centaines d'épisodes. Pour faire un jeu à-la-Heavy Rain, où l'histoire se transforme au fil des décisions du joueur, ça serait parfait. En plus, c'est le genre de truc qui pourrait intéresser les non-joueurs. Tous les téléspectateurs qui écoutent Virginie seraient probablement intéressés à jouer à un jeu qui raconte des histoires similaires et où ils pourraient contrôler l'action un peu. Évidemment, il faudrait probablement enlever ou simplifier les séquences d'actions, mais ça serait adaptable.

Le moteur de jeu de Heavy Rain a beaucoup de potentiel. Jusqu'à maintenant, il a servit à raconter une seule histoire. Ce serait vraiment bien s'il pouvait être réutilisé pour raconter d'autres histoires. David Cage a dit en entrevue qu'il était intéressé à faire d'autres épisodes plus petits. Il a aussi dit qu'il voulait licencier le moteur du jeu pour permettre à d'autres studios de faire d'autre jeux avec. J'ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner.

Petite note: J'ai joué et terminé Indigo Prophecy mais je n'ai pas encore joué à Heavy Rain. J'en ai beaucoup entendu parlé donc je sais de quoi je parle, mais j'ai quand même pu me tromper sur certains détails. Vous devriez me corriger dans les commentaires si c'est le cas.

mardi 26 janvier 2010

Mario saute très très haut


Super Mario est cool parce qu'il saute haut. Mais dans cette version remixé du jeu, Mario saute encore plus haut. Très très haut!

Retro Sabotage s'amuse à prendre des vieux jeux et à changer les règles pour produire des choses bizarres. Le résultat est souvent étrange et inattendu. Prenez cet autre exemple d'un remix de Space Invaders.

lundi 3 août 2009

Rick Ashley vs Nirvana!

Parce que je dois aussi cesser d'écrire juste des foutus billets réflexifs, incompréhensibles ou emo dans ce blogue, et parce qu'il faut sourire pour s'en sortir, voici un vidéo cool! Oh yeah!

Notre ami Rick Ashley, alias Rick Roll, s'est infiltré dans une chanson de Nirvana. C'est incroyable! Les paroles fittent parfaitement!


mercredi 22 juillet 2009

C'est impossible d'être original!

(cet article fait un peu suite à un autre que j'ai écrit précédemment)

C'est impossible d'être original! Ça c'est un point que j'ai souvent bien de la difficulter à discuter avec les gens, parce que personne ne me crois jamais. Tu auras beau essayer autant que tu veux, tous a déjà été fait par quelqu'un d'autre avant toi. Quelqu'un, quelque part a eu la même idée que toi. C'est plate mais c'est comme ça. Si tu ne l'accepte pas, tu vas t'enfermer dans une impasse. J'étais comme ça au début. Je voulais faire des trucs entièrement original. J'essayais du plus que je pouvais de ne rien copier. Et donc, tout ce que je faisais était soit très mauvais ou très copié sur quelque chose d'autre que je ne connaissais pas.

Alors moi, je préfère être au courant de ce que je copie, pour au moins essayer d'être différent. Si je ne peux pas être entièrement original, alors je vais au moins essayer de me démarquer. C'est pour ça que j'aime voir le plus d'oeuvres possible. Le plus de variété que j'expérimente (en voyant beaucoup de films, de livres, de BD, de musique), le plus que je vais savoir les limites où il faut se rendre pour pouvoir faire quelque chose de différent.

Plus jeune, je suis tombé dans un piège. Quand j'étais au secondaire, j'essayais d'écrire un roman. Et pour inventer des mots, je feuilletais parfois le dictionnaire. Et là, je prenais des mots compliqués. Je me disais : "personne ne va savoir c'est quoi! C'est bien trop étrange comme mot." Mais avec le temps, je me suis rendu compte que les mots que j'avais choisi n'étaient pas si étranges que ça. Ils étaient en fait très commun. Je croyais que personne n'allait s'en rendre compte mais finalement, n'importe qui avec un peu de culture aurait vu clair dans mon plan.

J'avais par exemple choisi le mot Forcalquier pour un nom de vaisseau spacial. J'avais trouvé ce mot dans le dictionnaire. Je me disais : personne ne va jamais savoir c'est quoi ce mot bizarre! Et puis, une amie de ma mère est venue et nous a parlé de son voyage en Europe, où elle a passé par une ville qui s'appelait Forcalquier. Et zut! Je m'étais fait avoir. C'est comme si j'avais dit que mon héros pilotait un Toronto. Plutôt, si j'avais été conscient de mon choix de mot, j'aurais pu profiter de ce choix. J'aurais pu inventer une raison de pourquoi le vaisseau spacial dans mon histoire s'appelait Toronto. Ça aurait pu être la ville préféré de son créateur par exemple. Et là, mon histoire aurait pu passer de "haha, tu as copié un nom de ville" à "wow, ton histoire a plus de profondeur". Comme je disais, la ligne entre le plagiat et l'oeuvre original est mince. Il faut juste en être conscient des choix qu'on fait pour mieux les détourner.

On ne peut pas être original. Peu importe ce qu'on fait, ça va être copié sur quelque chose d'autre. Alors on est mieux de l'assumer et de bien choisir nos sources d'inspiration. Il n'y a pas de mal à prendre l'oeuvre de quelqu'un et la transformer en quelque chose de nouveau, à condition de citer sa source. Si j'utilise, disons, un poème comme source d'inspiration pour un scénario, alors bien entendu, il faut que je dise qui est l'auteur de ce poème. Tant qu'on cite nos sources, on peut bien emprunter n'importe quoi.

J'y pense, c'est exactement ce que j'avais dit précédament à propos de comment écrire des travaux d'université! Haha!

lundi 6 juillet 2009

Réflexion sur l'originalité, le plagiat et le recyclage

Préface:: Récemment, j'ai réfléchis à des trucs à propos de l'art et de ses frontières. Et aussi à propos du plagiat et de l'inspiration. Ça a sorti un peu tout croche mais vous pouvez voir un apperçu de mes réflexions et conversations ci-dessous.

Ça a commencé avec des discussions que j'ai eu avec des amis de Kyowa Québec. Ou plutôt des chicanes... Voyez vous, quand on tente de faire un magazine de BD entièrement original et dépourvu de fan-art, la question du plagiat apparaît rapidement. Jusqu'à quel point est-ce qu'on peut s'inspirer d'une autre oeuvre pour faire une oeuvre originale? Si on prend un dessin de quelqu'un d'autre comme modèle pour observer une pose difficile à dessiner, et que notre dessin final a donc la même pose que le dessin original, est-ce que c'est du plagiat? Est-ce que la pose d'un personnage est copyright? Je ne pense pas. Ça serait un peu tiré par les cheveux. Ça n'aurait pas de sens. En tout cas, selon moi, il y a certains éléments qu'on peut copier sans que ce soit du plagiat.

Josiane est particulièrement parano à l'idée d'accepter un dessin d'un artiste et d'apprendre par la suite que c'est en fait du fan-art ou du plagiat. Et j'avoue que c'est une inquiétude qu'il est bon d'avoir quand on est à la tête d'une maison d'édition. Le plagiat, c'est pas cool! Si on prend une oeuvre de quelqu'un et qu'on la copie sur un t-shirt ou sur un poster pour en vendre plein, là j'avoue que c'est vraiment pas cool. Et c'est pour ça que les lois sur le copyright existent. De même, je ne suis pas particulièrement à l'aise avec l'idée de vendre du fan-art. Parce qu'après tout, c'est de la copie d'une oeuvre déjà existante. On reprend un personnage et une histoire célèbre et on utilise cette popularité pour vendre. Le dessin en tant que tel a beau être original, le personnage et son bagage ne l'est pas. Et prendre l'oeuvre de quelqu'un d'autre pour se faire du cash avec, c'est vraiment moche.

Par contre, si on s'inspire d'une oeuvre pour en faire une autre, je ne vois pas trop le problème. Évidemment, il y a un degré de nuance à respecter. Il y a une différence entre être un artiste médiocre qui s'inspire tellement d'un personnage qu'il en vient à le copier et un artiste qui s'inspire d'un personnage pour en faire un nouveau. Idéalement, quand tu es un artiste, tu veux que ton travail soit original. Si tu fais juste copier, ce n'est plus original et, selon moi, tu perds tes lettres de noblesse. Tu n'es pas un très bon artiste. Une oeuvre doit avoir un aspect de création, de nouveauté. Quand tu fais un bonhomme manga comme il y a eu des centaines de bonhommes manga dans des postures similaires et avec un costume similaire, où est la nouveauté? Même si c'est pas du plagiat ni même du fan art, c'est pas original quand même.

Mais qu'en est-il d'un style? Peut-on parler de copie quand on parle de faire un dessin dans un style déjà existant? Si je fais un dessin dans le style de Naruto, est-ce que c'est du plagiat? Si je dessine dans le style de Picasso, est-ce que c'est du plagiat? Et qu'en est-il des grands courants de peinture? Quand le courant expressionnisme a été "inventé" et qu'il a par la suite été repris par des grands peintre comme Van Gogh, Munch ou Matisse, est-ce que c'était de la copie? Bien sûr que non. Quand tu es un vrai artiste, tu prend un médium et un format déjà existant et tu tente de faire quelque chose de nouveau avec. C'est le point clé je pense : faire du nouveau avec du vieux.

Le problème, c'est qu'avec l'avènement du numérique, tout a changé. On arrive à faire des copies parfaitement identique, sans perte de qualité. Comme quand on copie un fichier de musique, la copie n'est pas moins bonne que l'original : la qualité sonore reste identique. Les artistes des années 80 et 90, lorsque la copie vidéo est arrivée, se sont rendu compte de ce phénomène et ont tenté de faire quelque chose de nouveau, d'original, à partir du principe de la "copie". C'est ce qui a donné les oeuvres du courant post-modernisme, où les artistes font du recyclage de d'autres oeuvres.


Certain vont prendre une oeuvre existante et la modifier. Je pense notamment au gars qui a ajouté une moustache sur une copie de la Joconde. Ou alors, je pense aux artistes qui font des belles images à partir de collage. Ils prennent plein d'images et n'en gardent que certaines parties pour faire une nouvelle image. C'est sûr que dans ce cas, c'est une forme de copie. Mais c'est aussi une oeuvre originale. Même chose pour les films de collage dont j'ai parlé précédemment dans ce blogue. Le réalisateur ramasse des bouts de pellicules trouvés et fait un nouveau film à partir de ça. Quand c'est bien fait, ce type de copie est acceptée et même louangé! Mes profs n'arrêtaient pas de nous parler des films de collage, comme quoi c'était fantastique et innovateur. Et je suis d'accord avec eux. Les films de collages, c'est hot!

L'essentiel, c'est de modifier ce qu'on copie. Si on copie un dessin, on se fait accuser de plagiat. Mais même dans le cas de choses qui ne sont pas vraiment plagiable (je pense par exemple à une idée ou à un scénario), il faut faire attention de ne pas tomber dans le cliché. De la façon dont je vois les choses, c'est deux pièges différents à éviter. On ne peut pas vraiment plagier un scénario mais on peut certainement être cliché si on le fait. On se fait accuser d'avoir créé des personnages qui ne sont que des archétypes de personnages. On se fait accuser que notre histoire ressemble à des histoires classiques sans être originale.

Ça aussi c'est un problème à éviter dans nos publications de Kyowa. Nos artistes ont beau faire des oeuvres originales, avec des personnages originaux et dans des dessins originaux, il n'en reste pas moins que les histoires tombent souvent dans le cliché. Les artistes reprennent les recettes faciles des histoires populaires en manga. Le concept du jeune élu dont tout le monde parle parce qu'il semble être celui qui réalisera des grandes choses. Il y a des millions des films et d'histoires qui reprennent cette recette. La Matrice était un film intéressant à l'époque, même si la recette de l'élu y était répétée pour la millième fois. Même chose pour Harry Potter. C'est un sorcier de qui ont attend de grandes choses. Est-ce que ça empêche la Matrice ou Harry Potter d'être des bonnes histoires? Non, pas nécessairement. Pourquoi alors, si la prémisse de l'histoire est clichée, le film ne l'est pas?

Et bien, comme pour toute chose clichée, il y a une mince ligne. Cette ligne trace la limite entre le cliché et le "bon". D'un côté, l'histoire est captivante. De l'autre, elle est ennuyante. Parfois, des artistes viennent me voir pour me montrer leur scénario et ils me disent: "je sais, mon histoire est clichée". Ce que je leur répond c'est que, dans le fond, toutes les histoires sont clichées. Ce n'est souvent qu'un petit détail qui fait basculer de l'autre côté de la mince ligne frontalière du cliché. Dans Harry Potter, c'était le suspense. C'était cliché mais c'était tellement bien écrit et bien construit qu'on était incapable de lâcher le livre. Dans la Matrice, c'était les scènes d'actions qui étaient originale, en plus de l'idée d'intégré la philosophie et le doute de la vérité.

Mais même ça, on pourrait dire que c'est cliché, non? La philosophie de la Matrice, c'était un remâchage de Descartes, Nietzsche et Platon. Pas très original quand on y pense. Et bien non. C'est triste mais c'est la vérité. C'est impossible d'être entièrement original.

Et ça, c'est un point que je vais vous expliquer dans un autre billet parce que celui-ci commence à être vraiment long! J'espère que c'était quand même un peu clair...

jeudi 2 juillet 2009

Hey! C'est des dinosaures! Sauvez vous!

J'ai tellement rien de plus à ajouter. C'est juste drôle et niaiseux.

vendredi 22 mai 2009

OOoooh! Des fesses carrées!

Bon là je suis désolé, et je m'excuse à l'avance, mais je trouve ce vidéo très drôle.

mardi 19 mai 2009

Jouer n'importe quoi. Bang! De la musique ambiante!

Il y a quelque temps, je vous avait parlé d'un gars qui faisait du remontage de vidéos sur youtube pour faire de la musique. Et je vous avait dit que c'était peut-être là qu'était l'avenir de la vidéo. Et bien voici un autre projet d'artiste qui reprend une idée similaire.

Il s'agit du projet In Bb 2.0. Contrairement à ThruYou, la musique n'est pas déjà faite. C'est le visiteur qui doit la faire. La page affiche tout plein de vidéos de youtube et il suffit d'en partir quelques un au hasard. Tous les vidéos ont été enregistré sur la gamme de Si majeur, pour qu'ils soient tous accordé ensemble.

Le résultat est assez impressionnant. On a l'impression qu'il suffit de jouer n'importe quoi n'importe comment pour faire de la musique. Ça va peut-être convaincre des gens de se lancer en composition!

lundi 4 mai 2009

Comment triompher des travaux de session

Il y a quelques semaines, c'était ma fin de session d'université. J'avais 4 travaux d'analyse de film à faire, plus un examen d'analyse. Laissez-moi vous dire, j'en ai mangé de l'analyse pendant les 3 dernières semaines de ma fin de session. Je suis donc rendu l'expert pour faire des analyses complexes tout en sachant les faire rapidement.

Truc #1:: Tout répéter 2 fois
Ça semble niaiseux mais c'est normal : les correcteurs de travaux sont plutôt niaiseux. Alors, pour faciliter leur compréhension de votre texte, il faut faire simple et répéter tout 2 fois. On écrit une phrase et ensuite on écrit une autre phrase qui reprend la même idée que la première phrase, sauf avec un peu plus d'explication ou de précision. Pourquoi on doit faire ça? D'abord, parce que c'est un bon moyen d'étirer son texte pour remplir plus de page. Ensuite, si vous ne le faite pas, le prof va sûrement vous écrire "expliquez" sur une phrase qui n'avait pas besoin d'explication (les profs sont épais). Donc, si vous répétez tout 2 fois, le prof ne pourra pas écrire "expliquez" parce que c'est déjà expliqué. Ça lui enlève une oportunité de vous enlever des points.

Truc #2:: Bullshiter!
À l'université, plus le cours est avancé ou plus le prof est fou, plus il faut bullshiter. C'est même voulu et recommandé et les profs donnent des points pour ça! Il ne faut pas hésiter à voir des liens complètement fous entre le film et une théorie métaphysique ou philosophique. Il faut juste être capable de bien l'expliquer (en répétant tout 2 fois). Si vous faite l'analyse d'un film où une caméra fixe filme un appartement avec rien dedans, n'hésitez pas à en faire une comparaison avec l'histoire de l'art, le théorie de l'évolution de Darwin ou l'encapsulation psychologie de l'être humain de la société moderne.

Truc #3:: Faire du plagiat!
Tout le monde le sait, il ne faut pas faire du plagiat sinon vous pouvez vous faire expulser de l'école. MAIS, si vous faite du plagiat et que vous citez votre source, alors ce n'est plus du plagiat, c'est une citation! Conclusion, allez trouvez d'autres analyses que d'autres gens ont faites sur le même sujet que vous et piquez toutes leurs idées. Non seulement vous n'aurez pas besoin de vous casser la tête mais en plus, le prof va vous donner des points parce que vous avez faite une "bonne recherche documentaire".

Truc #4:: Trouver des bonnes citations
Supposons que vous faites une analyse sur le thème de la famille dans un film quelconque. Allez à la bibliothèque et tapez "famille" dans une recherche par sujet. Prenez un livre au hasard et rendez vous sur la tablette où il se trouve. Regardez sur la tablette les autres livres autour de lui. Il s'agit de livres ayant un sujet similaire. Recherchez celui avec le titre le plus complexe du genre "La famille anthropomorphique et circontemporel, de Pythagore à Nietzsche". Prenez aussi le livre qui a l'air le plus vieux et poussiéreux. Ouvrez les au milieu à n'importe quel page et lisez quelques pages de chacun. Ça devrait soit vous donnez des idées de trucs à dire dans votre analyse, soit vous fournir des bonnes citations juteuses et imcompréhensibles comme les profs les aiment bien. En prime, plus votre citation est incompréhensible, plus vous aurez besoin de répéter beaucoup de phrases, ce qui vous remplis rapidement beaucoup de pages! Mais attention : il faut éviter de choisir des citations au début du livre sinon le prof va se douter que vous ne l'avez pas lu.

Conclusion
Vraiment, ce n'est pas compliquer de faire un travail d'université! Il suffit de beaucoup bullshiter, de dire n'importe quoi et de faire des liens tordus avec des grands auteurs ou des philosophes célèbres. L'important est de bien expliquer et de beaucoup répéter pour que les profs niaiseux vous comprennent. Rappelez-vous de ces trucs lors de votre prochaine fin de session!

lundi 20 avril 2009

I did it for the lulz!

Je trouve que ça aurait été ben plus drôle si les Beatles avait plutôt chanté:

All you need is LOL
(dou doudou dou doo)
All you need is LOL
(dou doudou dou doo)
All you need is LOL, LOL!
LOL is all you need! (lol is all you need 2X)

mais je sais pas si ça existait à l'époque...

mercredi 25 mars 2009

Recyclage de tunes. Ella elle l'a et Voyage voyage

L'autre jour, après avoir trouvé la tune que je cherchais, ma curiosité a été piquée. En effet, il semblerait que la tune Ella elle l'a est un hommage à une certaine Ella Fitzgerald.

Une petite visite sur wikipedia nous apprend qu'Ella Fitzgerald était une chanteuse jazz noire qui a chanté entre 1934 et 91. Elle avait la particularité d'avoir une grande étandue vocale (3 octaves!) et a gagné plusieurs prix prestigieux. Aussi, puisqu'elle était une vedette de la chanson, elle incarnait d'une certaine façon la libération des noirs et celle des femmes. Je rappelle au passage que la guerre de sécession n'était que 50 ans avant et que le droit de vote des femmes est arrivé vers 1940.

Si on regarde le clip vidéo de Ella elle l'a par France Gall, on peut remarquer que c'est effectivement un hommage à Ella, mais que c'est aussi un hommage aux noirs, qu'ils soient boxeurs, jazzmen, sportifs ou artistes. On peut en effet voir des photos de plusieurs grandes personnalité de différents domaines, des vedettes de la musique et des sports. Le clip en général dégage vraiment une belle énergie positive.

Là où ça m'écoeure, c'est quand j'ai vu le remix de Kate Ryan. C'est ce remix qu'on entend tout le temps à la radio ces temps-ci. Dans ce clip, on a un excellent exemple de recyclage pop actuel. L'hommage est complètement disparu. Là où on célébrait le travail des noirs, on remplace ça par une petite vedette insipide. Là où on montrait la pauvreté et la misère, on a remplacé ça par une miss riche qui prend l'avion. Là où on combatait les préjugés contre les noirs, on a remplacé ça par une jupe courte et des hotesses de l'air. Là on on parlait d'une grande dame qui a influencé énormément son domaine, on a le stéréotype de la femme objet.

L'industrie de la pop aime bien faire ça. Et l'industrie du cinéma aussi. On pige au hasard dans les classiques, on va chercher des trucs qui ont été populaire à l'époque (pour de bonnes raisons) et on surfe sur cette vague de popularité en lui enlevant tout son sens.

Voici un petit exemple concret. Kate Ryan, dans un désir d'être plus internationale, a traduit la chanson de France Gall. Non contente d'en faire un remix techno et un vidéoclip de minette en chaleur, elle a fait une version anglaise de la tune. Une traduction des paroles française vers l'anglais. Là où c'est intéressant, c'est quand on compare les paroles.

Il y a une ligne dans la chanson originale qui dit::
C'est comme toute l'histoire
du peuple noir
qui se balance entre l'amour et les espoirs.

Dans la traduction, les références au peuple noir ont été ôtées::
Like the history
of everyone
going back and forth between other miles of hope.


En enlevant la référence aux noirs, c'est comme si elle était gêné d'en parler. C'est la seule référence au peuple noir de toute la tune, c'est même presque la seule ligne qui nous permet de savoir de quelle Ella on parle. Et le remix l'a enlevé, probablement parce qu'ils savent bien que la tune va jouer seulement dans les bar branchés et que ces gens se fouttent complètement de cette femme ou du sort des noirs.

En fait, Ella n'est absolument pas présente dans le clip de Ryan. Aucune mention, aucune photo, rien. On a tout asseptisé, tout enlevé. Dans le clip original, France Gall chante devant une photo d'Ella. C'est bien normal puisque c'est un hommage. Gall veut, d'une certaine façon, s'effacer un peu, dire "regardez-la elle, pas moi". Dans le remix, Ryan dit plutôt "regardez moi, ne pensez à rien d'autre qu'à mes jambes et mon beau body... et allez acheter mes disques!".

* * *

Dans mon billet précédent, je parlais aussi de la chanson Voyage voyage par Desireless et qui a aussi subit un très pertinant remix de miss Ryan. Encore une fois, c'est la même chose. On a une chanson qui parle du bonheur de voyager, de se mêler avec les autres peubles ("chez les blacks, chez les sikhs, chez les jaunes"). Dans le remix, on ne montre surtout pas de voyage ni d'autre peuple. On montre Kate Ryan dans son palace de riche, avec sa grosse auto et ses palmiers. Méchant voyage!

samedi 21 mars 2009

Thru You et les films de collage

Haïku::
Je t'emprunte un truc. 
À travers et contre tous. 
Faire de la musique. 

Hier, je vous parlais de comment l'internet est en train de changer, après la pellicule, la vidéo et le numérique, la manière dont on fait des films. Je vous avais dit que j'avais fait une trouvaille intéressante. La voici.
http://thru-you.com

Il s'agit d'un gars qui a créé le site ThruYou (traduction libre: à travers vous). Dans ce projet, il a ramasser une panoplie de vidéos sur youtube, qu'il a ensuite remixé et remonté pour faire des nouvelles chansons.

L'idée n'est pas particulièrement originale. D'autres gens ont fait ce genre de montage avant, en s'enregistrant plusieurs fois pour ensuite tout mettre ensemble. Mais ce qui est différent ici, c'est que le gars n'a pas pris ses vidéos à lui. Il a pris des vidéos de d'autres gens sur youtube. Des gens qui s'enregistrait tout seul et qui font maintenant parti, sans le savoir, d'un genre de "band virtuel" qui existe par la magie de youtube. Imaginez la tête qu'il feront en se voyant.

Évidemment, cela amène la question des droits d'auteur. J'en ai parlé l'autre jour dans mon billet sur Earthbound mais j'y reviens. Les gens qu'on voit dans les montages sur ThruYou ne se sont fort probablement pas fait demandé la permission avant de se faire emprunter leur vidéo ainsi. Mais c'est peut-être un très bon exemple pour montrer que les droits d'auteur sont peut-être un peu trop stricts. La preuve que, parfois, c'est peut-être mieux de ne pas s'énerver avec ça, puisque ça peut donner des résultats vraiment beaux, comme ce qu'on peut voir dans ThruYou. 

Il y a eu un mouvement similaire à une certaine époque. Certains artistes ont utilisé des retailles de pellicule, des bouts de pellicule trouvé dans les poubelles des salles de montage, pour assembler ces petits bouts d'images et de sons et en faire des nouveaux films, avec un sens nouveau que le cinéate d'origine n'avait pas prévu. Mon prof de cinéma expérimental nous en a montré quelque un dans ce genre. Il appelait ça des films de collage. C'est l'équivalent de faire un collage à partir de photos trouvés dans les magazines. Ça donne une nouvelle image qui raconte quelque chose de nouveau. Pour les films de collage, c'est la même chose. Le cinéaste fait un montage nouveau, avec un nouveau sens, à partir de pellicule trouvée. Le résultat ressemblait un peu à des vidéoclips ou à des bandes annonces de films, deux genre où le montage est prédomminant.

Il y a eu un courant similaire dans la musique. Des artistes qui reprenait des extraits de d'autres tunes pour les remixer et en faire de nouvelles chansons. Des DJ qui allaient chercher un petit extrait mélodique pour servir de trame de fond à une tune de rap par exemple. C'est d'ailleurs comme ça que beaucoup de tunes de Earthbound ont été faites, en reprenant des séquences de d'autres tunes. Le résultat est un genre d'hommage et de célébration de l'ancienne tune en la transformant en quelque chose de nouveau. C'est du recyclage vraiment.

Tout ça pour dire, allez écouter le travail de Kutiman sur son site de ThruYou. Il a repris toute une tradition de remontage audio emprunté et de remontage vidéo pour en faire un amalgame. Un genre qui n'est possible qu'avec Youtube, parce que c'est un moyen rapide de se trouver tout plein de musiciens virtuels pour peupler votre band virtuel. Faire le même travail sans Youtube aurait pris beaucoup plus de temps. C'est la force de l'internet!

Et peut-être que dans l'avenir, vous allez pouvoir dire à vos enfants : j'étais là quand ce nouveau genre a été inventé.

mardi 17 février 2009

Earthbound : c'est fini

Haïku::
Déception amère. 
On n'attendra plus Earthbound. 
Cessez vos prières. 

Après toutes ces années, on commence à être habitués. Il ne faut plus être surpris. Earthbound a beau être un chef-d'oeuvre, on dirait qu'il est l'objet d'une malédiction. Suffit de connaître un peu l'histoire autour du jeu pour se rendre compte qu'il a été malchanceux à bien des égards. Mais ce n'est pas de ça que je veux parler.

Starmen.net a annoncé récemment, expliquer en fait, pourquoi Earthbound n'a presque aucune chance de sortir sur la console virtuelle, contrairement à ce qui était prévu initialement. La réponse courte, c'est que c'est un gigantesque fouillis de droits d'auteur. En effet, si vous avez joué un peu à Earthbound, vous avez sûrement remarqué les références répétés aux Beatles. Mais ce n'est que la pointe de l'iceberg. Il y a dans ce jeu des tonnes et des tonnes de références à des produits commerciaux, des pastiches, des logos utilisés sans autorisation. Pire encore, plusieurs musiques du jeux utilisent des loops ou des extraits de tunes connus, utilisés sans autorisation évidemment. Un exemple simple est une des tunes de combat qui commence exactement comme la tune Tequila ou bien la tune du Sky Runner qui commence comme une tune de The who. (Cliquez ici pour d'autres exemples de tunes)

Évidemment, c'est un jackpot pour les avocats des groupes de musique. Dans un monde où il faut poursuivre ou être poursuivit, et dans tout les cas, payer cher pour des avocats, faire plein d'emprunts sans autorisaiton un peu partout, c'est vouloir s'attirer le trouble. C'est triste et ça serait probablement plus cool si de tels emprunts étaient tolérés mais c'est comme ça et il faut faire avec.

Donc ouais, Earthbound ne verra probablement jamais le jour sur la console virtuelle, ou une quelconque réédition sur Gameboy Avance par exemple. Pendant longtemps, on avait reçu plusieurs indices qui pointait vers une ressortie. Mais Nintendo continuait de nous dire d'oublier ça.

Je me suis longtemps demandé pourquoi Mother 3 n'avait jamais été traduit et amené ici. La principale hypothèse était bien sûr que ça coûterait trop cher de faire cette traduction et que le marché n'en valait pas la peine, que le jeu ne venderait pas assez. En effet, il est bien connu que Earthbound n'a pas vendu beaucoup. Mais de mon côté, j'ai personnellement émis l'hypothèse comme quoi Itoi, le créateur du jeu, ne voulait pas d'une traduction, peut-être pour préserver son travail d'auteur, de la même façon qu'on auteur de roman refuse parfois que son oeuvre soit traduite pour éviter d'en perdre l'essence. C'était mon hypothèse, même si je me rend compte qu'elle n'était pas super bonne.

Finalement, l'hypothèse des droits d'auteur est certainement la plus plausible. D'abord, parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup d'emprunts dans le jeu. Ensuite parce que ça explique d'une certaine façon pourquoi Nintendo n'a pas interrompu la fan translation de Mother 3. En effet, quand Starmen et Tomato avaient commencé à traduire Mother 3, on s'attendait à ce que Nintendo viennent leur dire d'arrêter, idéalement pour annoncer qu'une traduction officiel s'en venait. Mais durant les presques 2 années qui sont passée à faire cette traduction, Nintendo n'a pas bronché. Et pourtant, avec toute la popularité que le projet a eu, il serait peu probable de croire que Nintendo n'en ait pas entendu parlé. Nous sommes à l'ère de l'internet! C'est sûr que Nintendo était au courant! Plutôt, ils ont laissé Tomato et sa gang se débrouiller tout seul avec leur projet de traduction. Pour Nintendo, ça avait plusieurs avantages ::
  1. Les fans de Earthbound 2/Mother 3 allaient enfin se fermer la gueule!
  2. Nintendo n'avait pas une cenne à payer pour cette traduction
  3. Personne ne pourra poursuivre Nintendo pour utilisation illégale de trucs sous liscence (musique, logo ou marque) parce que ce n'est pas une traduction officielle.
Pour Nintendo qui aime tant l'argent et qui ne voulait pas risquer d'en perdre à traduire ce foutu jeu, on peut donc comprendre pourquoi ils ont laissé Tomato tranquille. Sa traduction tombe dans une zone grise, la zone de "on ne vous donne pas l'autorisation, mais on ne va pas vous nuire si vous le faites quand même".

Conclusion, il faut arrêter de chialer et faire ce que Nintendo nous suggère, indirectement bien sûr, de faire. Il faut fermer notre gueule et jouer à Earthbound et Mother 3 avec un émulateur. Eh oui! Je sais que je suis habituellement le premier à dire que le piratagec'est pas gentil mais je vais faire une exception pour cette fois. On parle quand même d'un chef-d'oeuvre du jeu vidéo. Il ne faudrait pas passer à côté!

Pour plus de détail au sujet de toute cette histoire, je vous suggère de cliquer sur les liens que j'ai mis dans ce billet, ou encore de lire la grosse explication très complète sur Earthbound Central.

Update ::
Pour libérer sa conscience à l'idée de devoir pirater un jeu pour y jouer, il y a d'autres alternatives. D'abord, vous pourriez acheter la cassette de SNES de Earthbound. Mais personnellement, je trouve ça un peu inutile puisque l'argent va à celui qui la vend et non pas au développeur du jeu. Pour Mother 3, on peut encore acheter des copies neuves du jeu en les important du japon, mais c'est en japonnais évidemment.

Plutôt, je suggère les produits dérivés. Si vous êtes fan de groupes de musique undergrounds, vous savez sans doute qu'ils ne font pas vraiment d'argent en vendant des disques ni en faisant des shows. C'est en vendant des t-shirts, des posters et des gugusses du genre qu'ils arrivent à survivre. Donc, pour ce qui est de Earthbound, la seule affaire vraiment utile à acheter (utile dans le sens que l'argent va à la bonne place), c'est les 2 packs de tunes de Mother 3 sur iTunes. Mais bon, vouloir acheter des tunes uniquement pour se faire bonne conscience, c'est peut-être un peu extrême. Je préfère les acheter parce qu'elles sont trop bonnes!!! :P