lundi 21 septembre 2009

La tristesse d'un déphasage

J'ai écouté l'autre jour une musique vraiment triste. C'était une composition de Philip Glass joué par la violoniste Angèle Dubeau. À un certain moment, la musique s'est dépouillée et ralentie pour ne devenir qu'un long accord de violons. Plusieurs violons qui jouaient des notes longues pour former des accords mineurs. Je ne sais pas combien de violons exactement. Je dirais peut-être 5. Chacun jouait sa note longue. Sauf que l'idée, c'était de faire changer de note un seul des violons pour lui faire jouer une note différentes et former un nouvel accord. Mais ce nouvel accord était vraiment triste par rapport aux précédents. Et ensuite, le violon changeait encore de note pour former encore un nouvel accord encore plus triste.

Ce violon là était le seul à changer de note. Les autres continuaient à jouer comme si de rien était. On a donc un groupe de 5 violons qui jouent à l'unisson, mais un de ces violons n'est pas en phase avec le reste de groupe. Il change de note. Il ne fait que baisser d'un demi-ton et soudainement, l'accord du groupe est complètement changé, l'atmosphère devient triste. Et les autres violons n'ont pas l'air de le remarquer du tout.

Cet individu, parce qu'il est différent du groupe et qu'il joue quelque chose de différent de ce que les autres s'attendent, arrive à changer l'ambiance de la pièce musicale, du moins pour l'auditeur. Seul l'auditeur a l'air de remarquer que l'accord est changé puisque les autres violons continuent à jouer comme si de rien était. Ce violon là doit se sentir bien seul et bien différent des autres. Il pourrait choisir de revenir à l'union du groupe et continuer de jouer sa note initiale comme si de rien n'était mais il se sent différent et n'arrive pas à connecter avec le reste du groupe alors il change de note. Et seul un point de vue externe, celui de l'auditeur, arrive à s'en rendre compte.

Pour rendre ça plus concret, on pourrait imaginer une conversation de 5 personnes. Chacun discute et tout va bien. Mais viens un moment où une des personnes se rend compte qu'elle est déconnectée par rapport aux autres parce qu'elle se sent différente. Soudainement, elle prend de la distance. Tout lui semble insignifiant. Alors elle "change de note" comme le violon: elle se tait. Elle devient silencieuse, distraite ou rêveuse. Elle pense à autre chose, à comment elle se sent différente du groupe. Et les autres ne s'en rendent pas compte. Ils ne se rendent compte de rien et c'est ça qui est super triste. Si on imagine que cette scène serait filmée au cinéma, seul le spectateur pourrait remarquer que cette personne s'est tue (à condition bien sûr que la mise en scène nous le montre). Nous, en tant que spectateur qui assistent à cette scène, on est triste pour cette personne qui se sent différentes des autres, mais les autres personnages qui continuent de parler ne se rendent compte de rien.

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Je suis en train de lire un livre de fourmis (Le jour des fourmis, de Bernard Werber). Il s'agit d'un livre de fiction où certains personnages sont des fourmis dans une fourmilière. Un peu comme dans le film Antz (Fourmiz) ou Bug's Life (Vie de Bestioles). À un moment, l'auteur décrit une sorte de maladie des fourmis. Il explique que les fourmis vivent habituellement en syncronisme avec les autres, avec la colonie. Le principe de l'individualité n'existe pas. Sauf que parfois, certaines fourmis sont atteintes d'un mal de vivre. Elle se sente différentes des autres fourmis. Elles se poses des questions sur leur raison de vivre. Un peu comme le spleen de Baudelaire. Parfois, c'est aussi simple que de se poser la question "est-ce que j'ai été atteinte par ce mal de vivre ou je suis encore saine d'esprit?". Ce qui est ironique, c'est qu'habituellement, juste le fait de se poser cette question est signe qu'on est déjà atteint. Sinon, les fourmis qui sont encore en harmonie avec le groupe n'ont même pas l'idée de se poser cette question.

Je trouve ça intéressant ce décalage qui existe entre les groupes et les individus qui le compose. Dans tout les cas, le groupe ne s'en rend pas compte. Il y a seulement deux personnes qui réalise qu'il y a un décalage : la personne concernée et le spectateur externe. Dans la musique de Philip Glass dont je parlais au début, tous les violons jouent ensemble pour former un accord mais un des individus se sent différents, joue une note différente et rend l'accord très triste (pour l'auditeur), sans que les autres violons ne modifient leur comportement. Dans mon exemple de scène de film, ça prend une mise en scène particulière pour que le spectateur le remarque. Et dans Le jour des fourmis, c'est l'auteur qui en parle (un narrateur externe et omniscient) parce que les autres fourmis de la fourmilière ne s'en rendent pas compte du tout.

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En fait, si je raconte tout ça, c'est parce que parfois je me sens un peu comme ça. Je suis en groupe mais je me sens un peu décalé pour une raison quelconque. Alors je deviens silencieux et je fais juste écouter les autres parler. En fait, j'aime vraiment écouter les autres parler, c'est moins forçant et je n'ai pas à chercher quelque chose à dire. Sauf que c'est peut-être un peu triste, surtout quand on fini par se faire ignorer à cause de ça, même si on est quand même correct avec l'idée d'être ignoré. Après tout, si on ne veut pas parler, c'est donc qu'on veut être ignoré d'une certaine façon. Mais au fond de nous même, on se dit qu'on aimerait bien que quelqu'un le remarque et vienne nous parler.

Sauf que c'est vraiment pas brillant comme façon de faire! C'est même carrément paradoxal! Se faire remarquer en devenant silencieux, en s'effaçant du groupe. Quelle illogisme! Genre: «Hey, regardez-moi, je suis devenu silencieux et mélancolique. Venez m'aider!» Sauf que c'est vraiment pas brillant! Se taire pendant une conversation de groupe et espérer se faire remarquer ainsi, c'est pas logique. Normalement, les gens vont juste continuer à parler avec les gens qui veulent bien parler.

TK, je suis content d'avoir fait cette réflexion. Ça vient de me convaincre qu'il faut que j'arrête de faire ça. Je vais essayer de me resynchroniser avec les autres fourmis et les autres violons.

samedi 19 septembre 2009

I'll always be there for you

I'll always be there when you call
Except when I'm not...
Et donc tu va tomber sur le répondeur
Désolé, j'ai pas de cellulaire.

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Je sais pas pour vous mais moi je trouve ça drôle. Les paroles de chanson, c'est tellement quétaine des fois!

Oh et désolé pour le mélange d'anglais et de français. Pour que ça sonne cliché, il fallait l'écrire en anglais. Preuve que les paroles de chansons francophones sont peut-être un peu moins clichés! Haha!

mercredi 9 septembre 2009

Les plans

J'avais lu un livre à propos de comment les humains font pour prévoir le futur. Le livre disait qu'on arrivait à anticiper l'avenir à l'aide de 2 trucs : les buts et les plans. Chaque personnes a plusieurs buts à atteindre. Par exemple, on peut avoir comme but de devenir riche et d'atteindre le bonheur mais aussi des plus petits buts comme réussir à se faire un café le matin sans s'endormir en chemin. Pour atteindre ces buts, on élabore des plans en découpant les tâches à accomplir en plus petits buts. Par exemple, on sait que pour faire un café, il faut d'abord sortir une tasse (ça c'est un sous-but), ou que pour devenir riche, il faut trouver un bon emplois(c'est un sous-but aussi). Avec une bonne anticipation et un bon plan, on peut réussir à réaliser nos buts. Ou nos rêves si vous préférez.

Autre exemple : durant une guerre. Chaque armée a un plan et c'est dans l'exécution de ce plan-là que la victoire pourra être atteinte. Rien n'empêche évidemment de changer le plan en cours de route. Un plan, c'est juste le parcours qu'on se fait dans notre tête pour prévoir l'avenir. Si le présent est changé (par exemple, si on n'a plus de munitions pour combattre) alors on change le plan pour en trouver un autre qui nous offre le plus de chance de succès. Ou le moins de pertes en vies humaines, si la situation devient désespérée.

Ainsi donc, c'est très normal de faire des plans. On en fait tout les jours sans même y penser. Même dans les relations humaines, on fait des plans. Si on veut se faire des nouveaux amis, on élabore des plans pour s'arranger pour être en contact avec beaucoup de gens. Si on veut récupérer une amitié perdue, on va faire un plan aussi, idéalement en s'arrangeant pour parler à la personne et peut-être en lui demandant pardon. Même chose si on veut avoir une augmentation de salaire : on va faire un plan pour s'arranger pour bien travailler efficacement sous l'oeil du boss pour ensuite faire paraître notre demande comme raisonnable.

Ce qu'on constate, c'est que les plans sont toujours quelque chose de personnel, et je dirais même d'égocentrique. Après tout, les plans qu'on élabore servent d'abord et avant tout à réaliser nos buts, c'est à dire nos désirs personnels.

Et c'est là le problème. Pour quelqu'un ayant un sens moral peut-être un peu trop extrême, ça devient carrément une mission impossible. Il y a des fois où j'ai l'impression d'être un chef militaire qui élabore un plan pour gagner une guerre. Sauf que moi, je veux pas gagner un territoire ou une possession, je veux juste gagner un peu de l'....................................... et ça s'adonne que c'est presque aussi difficile à obtenir, on dirait. J'essaye de me convaincre que c'est normal de devoir faire des plans pour ça, mais en même temps, je me sens mal de devoir faire tout ça. Je n'ai pas beaucoup l'esprit guerrier, ni l'esprit de compétition. Une guerre, c'est sale, c'est pas gentil. Et mon but n'est certainement pas aussi dévalorisant. On pourrait presque dire que c'est une noble cause. N'empêche, je m'en fais trop avec ça, comme d'habitude...

lundi 7 septembre 2009

Mener le combat contre l'impatience, l'anxiété et l'inquiétude en général.

À chaque guerre, y'a une armée de jeunes hommes qui partent au front et une armée de mamans qui restent seules à la maison à s'inquiéter. Tant qu'elles reçoivent des lettres de leur fils ou de leur maris, elle sont rassurées. Même pas besoin de les lire en fait. Juste de savoir qu'ils écrivent chaque jour est rassurant. Tant qu'il y a de l'écrit, il y a de l'espoir!

Sauf qu'il peut arriver parfois un moment où les lettres cessent sans explications. Il peut y avoir plusieurs raisons. Peut-être que le jeune n'a plus le temps d'écrire parce qu'il est dans une bataille importante ou dans une situation complexe. Ou alors, peut-être que le service des postes est difficile parce que les routes sont coupées. Il n'y a pas vraiment de raison de s'inquiéter. Ce n'est pas dramatique et ça ne veut pas dire qu'il y a quelque chose de grave qui s'est arrivé.

Mais évidemment, ça ne sert à rien de dire ça. Il y a quand même une armée de femmes qui s'inquiètent toutes seules chez elles.

mardi 1 septembre 2009

narF oublie sa liste de trucs à ne pas oublier

Une nouvelle année d'école qui commence. J'ai donc emménagé aux résidences de l'université aujourd'hui. Je suis tout installé (presque). Ma vaisselle est rangée, mon linge est rangé (presque), mon lit est.....

Ah non, mon lit n'est pas prêt.

Parce que ouais, devinez quoi? Dans ma grande intelligence, j'ai oublié mes draps de lit! Bravo narF, félicitation. Ta mémoire se surpasse et tu gagnes des morceaux de robots! C'est vraiment une des pires choses que je pouvais oublier, puisque les matelas ici sont en plastiques et donc, après un certain temps dessus, la peau colle! Et le pire, c'est que, dimanche, quand je suis allé porté ma première batch de stock, j'avais noté que j'avais oublié mes draps et qu'il ne fallait pas que je les oublie la prochaine fois. Évidemment, j'ai oublié de regarder cette petite note...

Bah, c'est pas trop grave. Je vais me fabriquer un petit nid, ça va être drôle. J'ai quand même ma doublure de matelas, ma douillettes et mes oreillers (qui, eux, ont la chance d'avoir leur taie d'oreiller). J'ai aussi... du papier journal! Super! Heureusement qu'il ne fait pas froid aux résidences! (en fait, on mourre de chaud, donc j'ai pas vraiment besoin d'avoir des draps de lit).




Et maintenant, voici la liste des autres choses que j'ai oubliées:
  • ma souris d'ordi
  • un linge de table pour laver mon comptoir
  • ma paire de ciseaux pour faire du bricolage de cube en 3D pour résoudre les puzzles de Professor Layton (en trichant)
  • mes sandales (quel scandale!)
  • mon livre de fourmis (Le jour des fourmis)
  • mon chargeur à batteries
  • ... et probablement d'autres trucs que j'ai pas encore réalisé que je les ai oublié
  • ouais, je sais, la liste est pas mal longue!

Si quelqu'un vous dit que vous êtes "king of pron", n'en déduisez pas que vous être le roi de la prononciation

Genre, surtout si c'est écrit "pr0n".